« L’énergie, la délivrance... » Chez Cathedrale, le rock est cathartique, libérateur. Le titre du troisième album, « Houses Are Built The Same », n’en dit pas moins : « Tout est fait pareil, on a tous le même quotidien, dans les mêmes cases où on s’ennuie, on se fait chier... » Comme dans la chanson Right Time, sur « un mec un peu blasé qui prend le métro tous les jours... » Souvent rattachés à la power-pop sous influence The Nerves ou The Jam, et au rock garage (ils ont ouvert pour les Oh Sees), les quatre Toulousains s’enthousiasment pour des références actuelles comme Parquet Courts ou Protomartyr et confessent un goût pour le post-punk anglais. Après un EP et deux albums, « Total Ri » (2017) et « Facing Death » (2018), enregistrés auprès de Lo Spider au studio Swampland à Toulouse, le groupe est allé creuser cette filiation en Angleterre pour enregistrer le troisième. Un disque au son plus charnu, sur une base live complétée de quelques overdubs, et plié en six jours, mixage compris. Le groupe a tourné en Angleterre, Espagne et Portugal (« les concerts commencent tard, à 23h au lieu de 21h. Ils sont bien fêtards... »), Allemagne, Italie (avec l’inévitable galère du camion : « La direction a lâché sur l’autoroute »), et jusqu’en Europe de l’Est, où « il y a plus d’attentes, car il y a moins souvent de concerts de groupes “occidentaux”... » Le plus incongru restant cette date dans un squat en Suisse allemande, où les quatre se sont vu proposer d’embarquer dans une limousine pour aller « faire des photos sur le tapis rouge d’une biennale d’art contemporain. On se faisait des films, pas très sereins. » Et sont finalement revenus se faire déposer en limo devant la salle de concert sous des regards ahuris. Mais qu’on se le dise, « s’accorder, c’est bourgeois », lancent-ils malicieux en guise de pirouette de fin d’interview, à l’idée de passer dans Guitar Part. Nothing Toulouse...