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Pour « The End », tu as abordé l’album un peu différemment des deux premiers. Est-ce que ça veut dire que tu avais une autre vision ?
Wolfgang Van Halen : Oui, je pense que le processus de préproduction a été un peu différent. Plutôt que de faire des démos sur mon ordinateur, j’ai essayé d’être le plus live possible, tout seul. C’était surtout être en studio, sauter d’un instrument à l’autre, pour le côté créatif plutôt que pour l’enregistrement habituel. Ça m’a permis de prendre beaucoup plus de risques. Certaines chansons ne seraient pas ce qu’elles sont si je n’avais pas expérimenté de cette façon.
C’est donc juste toi, toi et toi, ça ne doit pas être simple tous les jours…
Bien sûr que c’est un défi, mais c’est un défi que j’adore relever. Je crois que c’était justement ce que je voulais faire avec le projet dès le départ. Avec le premier album, j’ai prouvé que j’étais à l’aise avec ça. Le deuxième a permis de consolider l’identité du projet. Et avec ce troisième, j’ai vraiment confiance en tout ce que je fais. C’est donc une très bonne période pour moi. Je ne pense pas que ce serait la même chose s’il y avait d’autres personnes impliquées. Je crois que c’est ça qui fait Mammoth, c’est comme ça que ça fonctionne vraiment. Après, je serais partant pour faire autre chose, mais pour Mammoth, c’est comme ça que ça se passe. Il y a forcément des moments pendant l’enregistrement où tu t’arraches un peu les cheveux, à essayer de résoudre un truc, et puis tu y reviens le lendemain, et tout à coup, ça fonctionne. C’est juste la nature même du processus créatif.
Un autre sujet que j’aimerais aborder, je suis fan du film mythique « Une Nuit en Enfer » (« From Dusk Till Dawn »), de Robert Rodriguez, avec Quentin Tarantino, Harvey Keitel, Juliette Lewis et George Clooney. La vidéo du single The End a été réalisée par Rodriguez lui-même comme une sorte de parodie. Comment cette collaboration est-elle née ?
Il est venu à un de nos concerts, on a gardé contact et bien accroché. Quand j’ai terminé l’idée, je lui ai envoyé, en me disant que c’était un peu fou… Je lui ai demandé s’il voulait peut-être faire quelque chose. Il a été intéressé, et j’avais en tête un hommage à un de ses films préférés, justement. Rapidement, il a appelé Danny Trejo, Greg Nicotero, et on a tourné en deux jours intensifs. C’était beaucoup de boulot, mais tellement fun.

Et il y a quelques invités sympas, à défaut de Clooney ou Tarentino…
Oui, oui, oui. Slash est venu, Myles Kennedy aussi. Ma mère et ma femme étaient là aussi… C’était vraiment l’éclate…
On peut parler un peu des guitares maintenant ? Pour l’album, est-ce qu’il n’y avait qu’un seul modèle, ou tu as tout essayé ?
Oui, pour le premier album, comme le processus a été très long, j’ai utilisé un nombre incalculable de guitares. Il faudrait demander à Elvis (Basquette, producteur, NDR), il a la liste de toutes celles qu’on a utilisées. Mais pour le deuxième, c’était la EVH SA-126, je crois que c’était le deuxième prototype, ou peut-être le troisième, mais je pense le deuxième. C’est là que j’ai vraiment trouvé mon son. C’était parfait, ça fonctionnait très bien pour tout ce dont on avait besoin. Et, cette fois-ci, pendant la tournée à Nashville, Fender m’a fait une version Gold Relic. Celle-là a vraiment été la base de cet album.
Après l’isolement en studio, tu es donc paré pour reprendre la route avec ton groupe ?
Oui, on a une grosse tournée qui se prépare. On commence aux États-Unis dès la fin de l’année. Ensuite, on prévoit de revenir en Europe l’année prochaine. On est prêts à repartir sur les routes avec un groupe complet et de nouveaux morceaux. Je ne peux pas en dire plus (il jette un regard vers son manager), parce qu’il va m’engueuler (rires). Mais je peux vous assurer que vous allez nous revoir très vite.
Pour finir, et parce qu’on a aussi de jeunes lecteurs, quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui voudrait commencer la guitare de façon sereine, alors que tu es bien placé pour savoir qu’il y a déjà eu tant de formidables musiciens avant eux ?
Le même conseil que mon père m’a toujours donné : joue ! Vraiment, ne te prends pas trop la tête. Si tu trouves une chanson qui te plaît, ou même juste un passage qui t’inspire, apprends-le et joue-le. Avant même de t’en rendre compte, tu seras dans ton truc, avec ton propre style. Et surtout, continue de jouer. C’est ça qui compte.
Article paru dans le numéro 375 de Guitar Part.
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