
Emblématique figure populaire du savoir-faire suédois dans la catégorie punk/garage rock, The Hives s’inscrit désormais dans le peloton de tête des célébrités scandinaves, entre Abba, Björn Borg et l’écurie des meubles à monter de chez IKEA. L’histoire démarre au début des 90’s dans une petite bourgade suédoise baptisée Fagersta. Les frères Arson (Pelle et Nicholaus dit Niklas) et leurs potes de lycée s’adonnent dans leur chambre à leur passe-temps favori : mettre une voix sur des mélodies qui sonnent, apprendre à jouer de la guitare et surtout écouter des tonnes de disques riches en décibels rock. Une collection de classic rock où figurent, en vrac, AC/DC, Chuck Berry, les Ramones ou encore The Sonics… Épaulés par un trio d’amis fidèles (Vigilante Carlstroem, guitare, Chris Dangerous, batterie, et Johan Gustafsson, basse), les frangins montent le groupe The Hives en 1994. Déjà, le set des garçons impressionne en live. Poussé par une énergie bluffante, le combo enchaine à la hussarde les concerts, rodant toutes guitares dehors un répertoire percutant et tonique. Sur scène, le rock garage qui les tenaille s’enflamme, ça bombarde de tous les côtés. Au micro, toujours en première ligne, Pelle enquille les prestations volcaniques, tel un marathonien survitaminé, soutenu par les riffs en rafale d’un Niklas intraitable sur le manche de sa Fender Telecaster. Les bons albums s’enchainent (« Your New Favorite Band », « Tyrannosaurus Hives », « Veni Vidi Vicious ») et les tubes qui vont avec (Tick Tick Boom…). De retour sur la planète rock, The Hives revient en force cet automne avec une nouvelle bombe dans ses bagages (« The Hives Forever Forever The Hives »). Avis de tempête à venir, le groupe sera en concert à Paris sur la scène du Zénith le 20 novembre 2025. À quelques jours de leur passage par la Capitale, le guitariste Niklas s’explique pour Guitar Part.

À l’origine, quels sont les guitaristes qui t’ont donné envie de te mettre à la guitare ?
Celui qui m’a vraiment filé le virus, c’est Angus Young d’AC/DC. Quand j’ai entendu pour la première fois le riff ciselé au rasoir de Highway To Hell, c’était comme si j’avais reçu un direct dans l’estomac. Je suis resté sans voix… Scotché devant les enceintes pendant 10 bonnes minutes, j’avais vu la lumière du rock ’n’ roll, c’était lui : ANGUS YOUNG !! Avec son frangin Malcom, ils m’ont donné tous les deux l’envie de cravacher sur le manche de ma Telecaster. Si The Hives en est arrivé là, c’est grâce en partie aux frangins Young. Il y a quelques années, on a eu la chance d’ouvrir pour les mecs d’AC/DC : sur scène, ce sont des monstres !!!
Quels rôles jouent les guitares dans The Hives ?
Les meilleures places : devant !!! Chez The Hives, elles tiennent les premiers rôles, bien sûr, le Wall Of Sound, si tu vois ce que je veux dire. Sur scène, elles sont à la fois le moteur et la tour de contrôle du groupe. Ici, rien ne se fait, rien ne se chante sans un accord de guitare.
À l’instar des groupes Oasis ou The Black Crowes, ton frère (Pelle) est le chanteur du groupe et toi le guitariste. C’est facile de travailler en famille ?
C’est un travail d’équilibriste, il faut savoir comment avancer ces idées sans pour autant se braquer à la moindre critique. Avec Pelle, on a une chance énorme : on s’entend bien sur scène, pas de soucis d’égos, chacun connait sa partition, nous sommes vraiment complémentaires. Lui au chant, dans le registre frontman à l’énergie inépuisable, il est très fort. Moi, je suis l’artificier, celui qui envoie les torpilles sur le manche de sa Fender Telecaster. Oasis, c’est une autre limonade (rires). Liam et Noel Gallagher sont anglais, ils ont toujours eu le sang chaud, je n’ai pas été surpris quand le groupe a explosé. De même pour les frangins Robinson, où les querelles d’égos se réglaient parfois en combat de boxe. Mon frangin et moi, nous sommes des Scandinaves, nous avons la tête sur les épaules, chacun de nous est à sa place. Parfois les échanges sont vifs, directs comme dans chaque fratrie, mais on ne va pas démolir tout ce que nous avons réussi à construire avec The Hives.
Après 30 ans de carrière et quasi 11 albums, vous avez toujours la foi envers le rock ’n’ roll. Quel est votre secret ?
La passion et l’envie d’être un groupe de rock ’n’ roll qui fait gigoter les foules dans les stades. Depuis qu’on est tombé dedans, à l’âge de 5 ans, mon frangin et moi, on est en mission : prêcher la bonne parole du rock ’n’ roll. Pour cela, on se doit de mettre le feu sur toutes les scènes où The Hives se produit. Le groupe se doit d’être toujours au taquet en concert.
The Hives, c’est aussi beaucoup de compos rock garage au son néo-60’s, ci-joint une short list de 4 formations légendaires, comment résumeriez-vous leur son de guitare ?
The Sonics ?
J’adore !!! Les Sonics sont très forts dans les 60’s, les gars étaient complètement dans l’acid rock. J’adore le son guitare de Gerry Roslie, c’est à la fois dense et catchy.
Les Ramones ?
En concert, les faux frères Ramones savaient sortir l’artillerie lourde du punk rock. Johnny Ramone à la guitare, c’était comme un bâton de dynamite qui explosait sur scène à chaque prestation du groupe. J’ai toujours préféré les descentes de manche des Ramones aux solos avachis des Eagles.
The Fleshtones ?
Ils sont purs et authentiques. Leur rock garage sans concessions de leur premier album « Roman Gods » est une référence à mes yeux, avec les riffs du guitariste Keith Streng et de la voix de Peter Zaremba au chant et son tambourin magique.
The Stooges ?
Le son des guitares chez les Stooges, c’est une institution pour notre génération. Les guitares de James Williamson, c’est un bulldozer sans freins lancé à pleine vitesse qui défonce tout sur son passage, ça laisse des souvenirs.
Votre point fort, c’est la scène, quel est le groupe de rock qui vous impressionne encore en live ?
Les Stones ont toujours le feu, on a fait des concerts avec eux. Sur scène, ils sont encore capables de t’envoyer au tapis en deux rafales de riffs. AC/DC, ce sont les mêmes bêtes fauves, lâchées sur scène, ils sont imprenables. Les Foo Fighters, ça envoie, ils sont coriaces sur scène les gars.

Vous avez toujours sacralisé la scène. Au point, de refuser d’ouvrir pour U2 en tournée…
Longue histoire, il y a quelques années, U2 nous voulait pour une tournée, le groupe désirait un groupe de stade capable de faire lever les foules et du coup, offrir une audience survoltée à la tête d’affiche. Après réflexions, faire chauffer la marmite en ébullition pour U2, ça ne nous emballait pas trop. Du coup, on a décliné l’offre des Irlandais.
Comment s’est passé l’enregistrement de votre nouvel album ?
On a composé les nouvelles chansons sur la route dans le tour bus. On voulait être fin prêt avant de rentrer en studio. On aime bien être carré, arriver en studio la fleur au fusil et composer sur place, ce n’est pas le genre de la maison. Tout l’album a été construit en live dans différents studios d’enregistrements de Stockholm. Les guitares, la basse et la batterie dans la même petite salle et Pelle au chant dans une pièce voisine. Dans son intégralité, ils nous a pris 8 semaines, c’est le tarif pour faire un bon disque.

Quand vous n’êtes pas sur scène avec The Hives, comment occupez-vous votre temps libre ?
Quand je ne suis pas sur la route avec The Hives, je vais nager dans le lac près de chez moi. La température souvent très basse de l’eau remet les fondamentaux en place, tu gardes la tête froide.
Article paru dans le numéro 374 de Guitar Part.
Niklas Arson
Guitares : Fender Telecaster Custon 75, Telecaster Gold Sparkle 96, Danelectro, Gibson Firebird, Telecaster Thinline Super Deluxe, Fano Guitar TC.
Amplis : Fender Bandmaster, Vibrolux Reverb, Fender Deluxe Reverb 65.
Vigilante Carlstroem
Guitares : Epiphone Coronet 59, Epiphone Wilshire Tromotone Vibrato, Epiphone ET 290 Crestwood, Gibson Les Paul Deluxe, Gibson SG Junior 60, Gretsch OG 134, Gretsch GG 6126 Duo Jet.
Amplis : Fender Hot Rod Deville 60 W, Orange PPC412, Fender Blues Deville, Fender Vibro King.
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