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Dynamite Shakers - Shakers en blanc

Originaire de Vendée, Dynamite Shakers s’est d’abord construit à la dure, entre reprises d’Eddie Cochran ou Gene Vincent dans les campings et premières compos nourries de garage rock et d’énergie brute. Un premier album enregistré à vingt ans à peine posait les bases saines et solides. Depuis, les choses ont évolué sans perdre en intensité. Tournées, premières parties d’envergure, comme The Offspring ou Ko Ko Mo, et nouvelles influences ont élargi le spectre. En attendant un second album prévu pour fin août, on patientera avec « Nightclub », un EP 6 titres où le groupe franchit un cap : arrivée du français, chant désormais partagé, morceaux plus contrastés, entre accélérations frontales et climats plus posés. Une manière d’affirmer une identité plus riche sans renier l’urgence qui les a révélés.

« On ne voulait surtout pas refaire le premier album ! », lance d’emblée Elouan Davy (chant, guitare)… Avec un nouvel EP, « Nightclub » plus contrasté et une identité qui s’affirme, le quartette accélère sans perdre le contrôle. Mais, plutôt que d’attendre un deuxième album (pour cet été), les Dynamite Shakers ont choisi de revenir vite. Très vite : « Ça faisait deux ans qu’on n’avait rien sorti, explique le groupe. Et même si on avait été prêts, on trouvait intéressant de revenir avec un EP. Ça permet de poser une nouvelle identité. » Une identité qui passe d’abord par le chant. « Il y a le français qui est arrivé, et Lila qui chante beaucoup plus. » Une évolution qui ne doit rien à une stratégie. « Ce n’était pas calculé, précise Lila-Rose Attard. On compose tous les deux, donc c’est logique qu’on chante les morceaux qu’on écrit. Et souvent, ça correspond mieux à nos voix. »

Lila de plus en plus présente au chant, sur la scène de La Clef de Saint-Germain-en-Laye le 3 avril. © Jean-Pierre Sabouret

Résultat : un disque plus contrasté, presque bipolaire. « On voulait garder les morceaux pleine balle, mais aller encore plus loin, plus vite, plus brut. Et en même temps, amener des titres plus calmes, plus atmosphériques. » Une dualité assumée, qui devient même une signature. « On aime bien les petits arrêts, les moments où ça s’arrête et ça repart. Ça donne ce côté un peu… épileptique. »

Lila-Rose Attard, François Rocheteau, Calvin Tulet, Elouan Davy. © Jean-Pierre Sabouret

Garage de raison

À l’origine, pourtant, tout commence ailleurs. Dans les années 50. « On faisait que des reprises, Gene Vincent, Eddie Cochran, Elvis… On jouait dans les campings en Vendée. » Puis viennent les 60’s, et enfin les compos. « On a pris tout ce qu’on avait appris et on l’a mélangé. C’est pour ça que ça sonnait garage. »

Mais, depuis, le spectre s’est élargi. « Sur le premier album, on avait 20 ans. Donc oui, forcément, on peut mieux faire… et surtout découvrir plein de choses. » Si l’ADN reste brut, les influences ont évolué. « Moi j’étais plus garage, Strokes, Libertines, entre autres, explique Elouan, mais Lila a amené des trucs plus 90’s, Sonic Youth, Pixies. »

« Le Velvet, c’est dans mon top 5, poursuit Elouan. La première fois que j’ai entendu Sunday Morning, j’ai rien compris aux paroles, mais j’ai tout ressenti. Cette atmosphère… ce côté gueule de bois, chaos dans la tête… Ça m’a marqué direct. » Même chose pour T. Rex : « Marc Bolan, c’est la classe totale. Cosmic Dancer, c’est hyper touchant. »

Malgré ce bagage, le groupe refuse toute posture. « On ne veut pas se créer un truc dark, si ça ne nous correspond pas. On n’est pas malheureux dans la vie, ça va ! » Et ça s’entend. « On aime que les gens passent un bon moment, qu’ils bougent, qu’ils ne pensent à rien. Juste à la musique. »

Elouan : « il faut que ça attaque ! » © Jean-Pierre Sabouret
Calvin en décollage immédiat. © Jean-Pierre Sabouret

Sur scène, cette énergie s’est frottée à du très lourd, notamment en ouverture de The Offspring. « Ce n’est pas le groupe qui impressionne, c’est la taille. Tu passes des campings à la plus grande salle d’Europe… ça fait un choc. » Mais le groupe garde les pieds bien sur terre. « Le mieux, ça reste quand même des salles de 300 personnes. Là où tu sens vraiment le public. »

Essentiel dégagé

Côté matos, même logique : efficace, direct. « Moi, j’ai deux basses, une Musicmaster 74 et une Mustang Fender, explique Lila-Rose Attard. Je joue sur un ampli Traynor avec un baffle Ampeg, et en effets j’ai une RAT, une fuzz et une disto. »

À la guitare, Elouan reste fidèle à une approche tranchante : « J’étais sur une Fender Jaguar Johnny Marr. Super pour la rythmique, mais un peu lourde et parfois trop acide. Là, je suis passé sur une Mosrite demi-caisse : plus de graves, plus de gueule. » Et une règle simple : « Toujours micro chevalet. Faut que ça attaque. » Côté pédales : « Une Maxon pour le crunch, une Hudson Broadcast pour le corps, et une MXR pour les solos. »

De son côté, Calvin Tulet pousse encore plus loin le minimalisme. « Je voulais une guitare simple, brutale. Une Les Paul Junior, un seul P90, un Bigsby. » Elle sera finalement réalisée sur mesure par un luthier nantais, Wizard Guitar. « Un volume, un tone, basta. » Le reste suit la même logique : « Une TS808, une Broadcast, une Vox à lampes… et quand tu mets tout ensemble, ça fait une fuzz d’enfer. »

Au fond, tout est là. Une approche instinctive, sans trop de calculs foireux : « On veut juste rester nous-mêmes. » Et continuer à avancer. « Un jour, on sera peut-être plus matures (rires), mais toujours rock. On ne va pas faire du reggae ou du prog… Mais on ne va pas s’interdire d’évoluer non plus. »

Article paru dans le numéro 379 de Guitar Part.

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