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FFF PART II - Nicolas Niktus Baby

Derrière sa basse puissante avec FFF et ses accoutrements souvent surprenants, se cache aussi un producteur passionné, compositeur infatigable, et patron de son propre label, où il accompagne d’autres talents et développe des projets parallèles toujours nourris par son amour du son et de la musique.

Même si FFF ne s’est jamais laissé complètement oublier en près de 40 ans, avec tout de même une longue séparation au milieu, cette fois, le groupe ne lâche pas l’affaire avec deux albums studio et un live, sans oublier une belle tournée…

Niktus : En fait, l’album qui vient de sortir, c’est la deuxième moitié du premier « I Scream ». Les deux ont été enregistrés en même temps. À la base, on avait signé avec Verycords pour un seul album… Mais on s’est retrouvés avec une espèce de boulimie. Une terrible envie de dire plein de choses.

Donc, ce double album « I Scream » « U Scream » a été composé sur une longue période, même avant la sortie du premier volet, Tu peux revenir sur cette genèse ?

En fait, ça remonte à 2013. Depuis cette époque, on bosse sur cet album. Après la séparation de FFF en 2000, il y a eu une décennie un peu en pause. On s’est reformés vers 2007, notamment pour Solidays. On a commencé à se retrouver, à jouer ensemble, à faire des jams. J’avais monté un studio résidentiel à côté de Paris, dans une vieille baraque un peu folle, qui appartenait à la famille Boursin et qui était abandonnée. J’y avais installé du matos, et c’est là qu’on a commencé à faire des maquettes. On se voyait tous les ans, puis tous les deux ans, et on continuait à enregistrer, à peaufiner ces maquettes. Pendant ce temps, on tournait un peu, sans album à proprement parler. On a joué aux 30 ans des Eurockéennes, aux Vieilles Charrues, avec Shaka Ponk, ou encore Place de la Concorde avec les jeunes du hip-hop français. On faisait quelques concerts par an et beaucoup de jams. Le problème, c’est que ça restait surtout instrumental. On n’arrivait pas vraiment à poser des textes dessus, à transformer ces morceaux en chansons. On a donc accumulé tous ces instrumentaux. Et puis des labels ont commencé à s’intéresser à nous. Ça a tourné un moment comme ça, un peu en cercle vicieux, jusqu’au Covid. Là, tout s’est arrêté. Au sortir de la crise, vers 2021-2022, Verycords a frappé à la porte et nous a dit : « On vous signe, on n’a même pas besoin d’écouter. » On est allé chez Yarol, dans son repaire près de La Rochelle, et on a fait trois sessions de jam. Ensuite, les textes sont arrivés, les mélodies aussi. Ça s’est fait dans un second temps, après les premières sessions. Mais là, soudainement, on avait signé avec un label, on devait délivrer un album. Il y avait une espèce d’urgence, mais aussi une vraie boulimie de travail. On avait composé 40, 45 morceaux, prêts à être exploités.

Dans un monde idéal, tu n’imagines pas qu’un ou plusieurs titres de « U Scream » pourraient cartonner en radio ?

Franchement, je n’arrive pas trop à voir s’il y a une vraie différence avec le premier album, si ce n’est que c’est la suite. Et puis, je n’écoute pas trop notre propre musique, je préfère attendre de la jouer sur scène. C’est là que ces morceaux prennent vraiment une autre dimension. Ça a toujours été notre moteur principal. Le débat autour des radios, il est super ancien. Il y a toujours eu ce problème : les radios ne veulent pas passer nos morceaux parce qu’on chante en anglais, ou parce qu’on mélange les deux langues. On a toujours fait ça, et ça a toujours posé problème. Même aujourd’hui, les radios qui cartonnent, si tu fais du rock, souvent c’est : « Ok, c’est en anglais, au revoir ! » Mais on voit bien que c’est compliqué. Par exemple, même sur NRJ, maintenant, il y a du rock. Tu vois ce que je veux dire ? Mais franchement, on s’en fout un peu. Parce que le paysage musical a été tellement chamboulé, bouleversé. La façon dont les gens écoutent, consomment, diffusent la musique les règles d’avant, notre « normalité », ont complètement disparu.

Passons à ton rôle de bassiste, qui reste plus qu’important dans le style si particulier de FFF.

En fait, au début, j’étais guitariste. La première formation de FFF, c’était Marco au clavier, moi à la guitare, un bassiste et un batteur. Le bassiste, c’était un grand black incroyable qui s’appelait Pierrot, un vrai « slapper ». Le batteur, c’était un copain de Marco, un petit blond de banlieue, excellent lui aussi. Eux, c’étaient vraiment les gars de banlieue. Marco, lui, était déjà un peu plus « parisien », DJ au Privilège, avec une vraie ambition. Moi, à l’époque, je faisais aussi du théâtre, j’étais dans l’école de Chéreau à Nanterre, et c’est par un pote de Nanterre que j’ai rencontré Marco. On s’est dit qu’on allait faire de la musique ensemble. En parallèle, je faisais aussi d’autres choses musicales, beaucoup plus expérimentales. J’ai même participé à la première compilation Rap Attitude, avec des morceaux assez bizarres, presque industriels. Cette première époque de FFF a duré deux ou trois ans. C’était très jazz-rock, très Uzeb,
Yellowjackets, un truc assez fusion, très cool.

Tu es donc passé à la basse avec l’arrivée d’un guitariste plutôt doué…

Oui, c’est ça. Entre les rencontres, Yarol est arrivé à la guitare. Moi, je jouais un peu de basse aussi à l’époque, alors je me suis dit : « Tiens, je vais prendre la basse. » Un autre batteur est arrivé aussi, avec qui je travaillais déjà, un Irlandais qui s’appelle Doctor L, il a produit pas mal de trucs, beaucoup de productions. Je ne me suis jamais vraiment considéré comme un bassiste, enfin… un « bon » bassiste, disons. C’est pour ça que je ne suis pas un geek du matos. Moi, j’ai mon Mesa-Boogie, et ça me va très bien…

Le bonheur commence par une Vigier. © Jean-Pierre Sabouret

Et quelques magnifiques basses de l’ami Vigier !

À la base, j’avais une vieille Ibanez Roadster que j’avais achetée aux États-Unis. Puis, un jour, le bassiste de Juan Rozoff avait une Vigier toute en bois naturel, une Arpege. Il la vendait pas trop cher, genre 1 500 francs. Moi, j’ai des petites mains, et cette basse, c’était comme une guitare à quatre cordes, avec un manche tout fin, tout marron, alors que l’Ibanez, c’était une vraie brique, super large. Je l’ai achetée, et j’ai commencé à jouer sur Vigier. J’en ai même pris une autre, je sais plus trop… Un jour, en jouant en banlieue, Vigier avait son atelier pas loin et il est venu nous voir en festival. Il m’a dit : « Tu joues sur une Vigier, non ? Tu ne trouves pas que ce serait bien qu’on officialise ça ? J’aime beaucoup ce que vous faites. » Ça a démarré cette aventure avec lui. Il m’a filé trois basses (1 Arpege et deux Arpege III, toutes en 4 cordes, NDR) : une fretless blanche magnifique, et deux répliques, la bleue et la jaune, que j’ai toujours avec moi. J’ai bien sûr d’autres basses, mais je suis vraiment attaché à cette jaune que je trimballe depuis 30 ans. C’est la seule que j’utilise sur scène, je n’ai même pas de basse de secours en général.

Article paru dans le numéro 375 de Guitar Part.

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