
En première partie, The Lowland Brothers propose une soul élégante et racée, teintée d’Americana et de touches psychédéliques. Emmenés par Nico Duportal, une figure dans le rhythm and blues français depuis trois décennies, leur set de quarante minutes convainc un auditoire pourtant, a priori, plus friand de riffs épais et de guitares rugueuses que de grooves chaloupés.
Il est 21 heures précises, lorsque Laura Cox et son groupe déboulent sur scène. Dès le riff inaugural de Rise Together, le ton est donné, la soirée se place sous le signe de la guitare sans limites. Mais ce qui distingue Laura Cox de la pléthore de jeunes virtuoses révélés sur YouTube, et ce qui explique que cette vénérable salle du quartier Pigalle affiche presque complet devant un public déjà conquis, c’est la solidité de ses compositions. Rien de révolutionnaire, certes, mais un hard blues aux accents sudistes, joué pied au plancher par des musiciens dont la maîtrise n’a d’égal que l’enthousiasme, communicatif.
Nous avons droit, bien évidemment, à une sélection généreuse de « Trouble Coming », ainsi qu’à une large poignée de titres issus de l’ensemble de ce qui commence à ressembler à une belle carrière. Chaque morceau devient prétexte à un solo héroïque, mais, heureusement, Laura Cox ne verse jamais dans la démonstration gratuite, chaque intervention de guitare vient ponctuer, colorer ou relancer la chanson. À ce titre, c’est un véritable festival, son jeu se montrant tour à tour intense et bluesy sur les ballades, où ses bends plaintifs font merveille, ou fulgurant sur les morceaux plus nerveux. Robuste et fluide, il comble les amateurs venus en nombre. Et c’est sans doute à la slide qu’elle impressionne le plus : là encore, pas d’esbroufe, mais un toucher précis et un sens de la note juste.
La bonne humeur domine tout au long du concert, et Laura s’autorise même un détour par la batterie lors d’une relecture iconoclaste de Bigmouth Strikes Again des Smiths, unique reprise de la soirée. Son backing band assure une assise solide, mettant en valeur sa voix et sa guitare, au centre de toutes les attentions. Une fois le set terminé, la dame s’offre même un petit plaisir en sautant dans le public pour se faire porter par la foule, moment magique qu’il lui sera bientôt possible de revivre tout son soûl, le concert faisant l’objet d’une captation.
Une belle soirée pour les amateurs de guitare et de blues rock, et, sans doute, le début d’un nouveau chapitre. Après avoir conquis son public à domicile, la prochaine étape est clairement la conquête du marché international.
Article paru dans le numéro 380 de Guitar Part.
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