C’est sous la forme d’un duo que DDENT a d’abord vu le jour, en 2014. Un EP et deux albums plus tard, et après un court passage en mode trio, les aléas de la vie de groupe ne semblaient pas correspondre à la vision que Louis Lambert se faisait de sa musique. Aujourd’hui, même s’il est accompagné sur scène, il est le seul maître à bord, une manière de fonctionner qu’il assume pleinement. « Travailler seul est devenu pour moi une nécessité, comme une méditation solitaire. Je préfère ne pas faire intervenir qui que ce soit en m’approchant au maximum de ce que je suis, et non des attentes ou des goûts de tierces personnes, n’en déplaise à certains. » Une liberté totale qui pousse l’intéressé à ne pas se cantonner dans un style. Certes, le post-metal est assurément le fil d’Ariane de « Couvre-sang », mais on y trouve aussi des montées épiques façon post-rock, des poussées fiévreuses de black-metal ou encore quelques arrangements empruntés à l’électro. Oui, DDENT fait du post-metal (pensez à Isis ou Year Of No Light, entre autres), mais pas que. « Les étiquettes sont réductrices. Plus on regroupe des réalités distinctes sous des noms, plus il en résulte une certaine perte de toutes ces particularités qui rendent un projet unique. Je comprends cette démarche, les gens ont toujours eu besoin de tout classifier, surtout les projets naissants. Mais je n’écoute pas de post-metal et je ne sais même pas exactement de quoi il s’agit, c’est tellement vague. Le simple fait qu’il n’y ait pas de chant dans mon projet l’a mis dans cette case pour certains, alors que mes influences viennent de tellement d’autres genres musicaux. » À commencer par les musiques de films, véritable source d’inspiration pour Louis Lambert. « Les bandes originales m’ont toujours hanté, parfois plus que les films eux-mêmes. Il suffit de les réécouter pour qu’un flot d’émotions revienne, sans avoir besoin de revoir les images. J’aime rendre ma musique la plus visuelle possible, qu’il y ait cette sensation de longs-métrages, de voyage finalement. C’est là aussi la force de la musique instrumentale : les mots peuvent avoir ce coté très pragmatique et ne laisser que peu d’interprétations possibles, là où la musique pure, même si un concept chapeaute le tout, permet à chacun d’y voir des images et de ressentir des émotions. »
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