
l y a des guitares qui ne se contentent pas d’exister : elles vous charment comme le chant d’une sirène. La Duesenberg Caribou fait partie de celles-là. Dans cette finition Narvik Blue, un bleu profond qui semble sortir d’un polar nordique, elle impose immédiatement son style. Pas tape à l’œil, mais magnétique. Une guitare qui a quelque chose à dire avant même qu’on la branche !
Le corps en aulne chambré est la première surprise : ce n’est pas un gadget esthétique, mais un vrai choix sonore. La Caribou respire comme une semi-hollow, tout en gardant la précision d’une solid body. Les notes s’ouvrent, les accords prennent de l’ampleur, et le sustain a cette petite vibration interne qui donne envie de jouer plus longtemps que prévu. C’est une guitare qui vit sous les doigts et résonne sur le corps.
Le manche collé en érable, profil en D, radius de 12 pouces, touche palissandre : tout est pensé pour le confort, mais un confort qui garde du caractère. On sent une légère résistance, un petit rebond typique des Duesenberg, qui pousse à articuler chaque note. Le diapason légèrement plus long qu’une Gibson apporte de la tenue dans les bends et une attaque plus précise, sans jamais devenir raide.

Côté micros, le duo Domino P90 en manche et GrandVintage Humbucker en chevalet est un mariage parfaitement équilibré. Le P90 offre un clean ample, texturé, presque vocal. Le humbucker, lui, est une machine à riffs : nerveux, précis, mais jamais agressif. Ensemble, ils couvrent un spectre étonnamment large, du jazz clair au rock racé, en passant par les ambiances plus ouvertes encore. La Caribou n’est pas une guitare “à style”, c’est une guitare à univers.
Et puis il y a le vibrato Duesenberg Diamond Deluxe, ce petit bijou d’ingénierie qui devrait être prescrit pour le moral. Fluide, stable, musical, il permet des ondulations lentes, des vibratos subtils, des chutes légères… sans jamais dérégler l’accordage. C’est un vibrato qui invite à jouer différemment, à faire chanter les notes plutôt qu’à les secouer.
Branchée dans un ampli en son clair, la Caribou dévoile toute sa personnalité : un clean large, tridimensionnel, avec une attaque précise mais jamais sèche. En crunch, elle devient expressive, presque bavarde. En saturation, le humbucker garde une tenue exemplaire. C’est une guitare qui ne se démonte jamais, même quand on la pousse.
Visuellement, c’est un manifeste : courbes rétrofuturistes, accastillage nickelé, pickguard noir, mécaniques ZTuners… Et ce bleu Narvik hypnotique ! Une guitare qui attire les regards sans jamais tomber dans l’ostentatoire. Une guitare qui raconte quelque chose.
La Caribou n’est pas un instrument pour collectionneur passif. C’est une guitare pour jouer, composer, chercher des couleurs. Une guitare qui inspire, qui surprend, qui donne envie de rester branché un peu plus longtemps que prévu.
Cette guitare n’est évidemment pas une nouveauté puisqu’elle est résente au catalogue de la marque depuis 2015. Je me demande simplement comment j’ai pu passer à côté pendant toutes ces années...
Corps : Aulne
Manche : Érable
Touche : Palissandre indien
Sillet : Graph Tech
Mécaniques : Blocage
Chevalet : Duesenberg Diamond Deluxe
Micros : Duesenberg Domino P90 + Duesenberg GrandVintage
Contrôles :1 volume, 1 tonalité, sélecteur 3 positions
Étui : Housse
Prix public conseillé : 2 299€
Contact : www.fredguitar.com
Les plus : Look atypique ou chaque détail attire le regard, des micros absolument uniques pour des sonorités incroyables, le vibrato Duesenberg qui ne bronche pas !Malgré ses 2 299€, le rapport qualité/prix est indéniable
Les moins : Rien...
Article paru dans le numéro 377 de Guitar Part.
La Caribou Narvik Blue fait partie de ces guitares qui laissent une trace, même une fois reposée sur son stand. Elle a ce mélange rare de personnalité forte et de polyvalence réelle, capable d’inspirer autant le compositeur que le guitariste de scène. Son corps chambré lui donne une respiration unique, son duo de micros ouvre un terrain de jeu immense, et son vibrato maison transforme chaque note en mouvement vivant. C’est une guitare qui ne force rien, mais qui élève tout : le toucher, le son, l’envie de jouer. Une compagne de route qui donne le meilleur d’elle-même dès qu’on la branche, et qui rappelle pourquoi on tombe amoureux d’un instrument !
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